Sécurité incendie : Cécile Duflot tire à nouveau la sonnette d’alarme

LOGO_MINISTERE_LOGEMENT_SMALLLa ministre du Logement, Cécile Duflot, s’est fixé mardi 2 avril comme objectif de « diviser par deux le nombre de victimes d’incendies » en France après les drames de Saint-Quentin (Aisne) et d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) au cours desquels huit personnes ont péri lors du week-end de Pâques.

C’est ce qu’on peut appeler une coïncidence malheureuse. Jeudi 28 mars, Cécile Duflot participait avec les sapeurs pompiers de Paris à un exercice de prévention des risques d’incendie. (lire notre article). L’occasion pour la ministre du Logement de réitérer son appel à accélerer l’équipement des foyers en détecteurs de fumée.

Lors du week-end de Pâques deux incendies meurtriers à Saint-Quentin et à Aubervilliers sont venus souligner cruellement les propos de Cécile Duflot.

Mardi 2 avril, la ministre est donc remontée au créneau pour insister sur le fait d’anticiper sur la date butoir du 8 mars 2015 pour équiper les logements du pays de détecteurs de fumée. Un taux d’équipement qui se monte aujourd’hui à… 3 %.

« Aujourd’hui il y a près de 250.000 incendies par an. De 600 à 800 personnes perdent la vie chaque année » et il y a « plus de 10.000 blessés dont 3.000 très graves », a rappelé Cécile Duflot, ajoutant que dans les pays européens massivement équipés (plus de  80 %) avaient diminué leurs morts de moitié.

« Notre objectif est de diviser par deux le nombre des victimes d’incendies, en particuliers d’incendies domestiques », a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse à Paris, sans se fixer d’échéance pour parvenir à cet objectif. « C’est possible, d’autres pays européens l’ont fait. Il faut absolument parler davantage de la prévention des incendies et installer les détecteurs automatiques de fumées », a-t-elle dit.

Diagnostic électrique

Au-delà de l’installation de DAAF, Cécile Duflot veut coupler le plan de rénovation énergétique des logements à une rénovation électrique. En effet, comme le confirme une étude réalisée par l’association Promotelec à partir de la collecte de 5 000 rapports de diagnostics électriques obligatoires (DEO), 51 % des logements vendus en 2012 sont antérieurs à 1974. Or, il est avéré que plus les logements sont anciens, plus les installations électriques sont vétustes, et donc dangereuses.

Et selon les données du dernier baromètre TNS-Association Promotelec, 25 à 30 % des incendies survenant dans les logements sont d’origine électrique. Or l’étude sur les diagnostics électriques obligatoires réalisée par la TNS Sofrès (1), révèle en effet que seules 29 % des installations électriques des logements vendus sont en sécurité.

Parmi les améliorations qui pourraient être apportées en matière de sécurité électrique, Promotelec propose d’étendre l’extension du dispositif aux parties communes des immeubles, qui représente une attente forte des acquéreurs. Une idée reprise par Cécile Duflot lors de sa conférence de presse.

La ministre a également évoqué la possibilité d’inclure dans le futur pacte signé prochainement avec l’Union Sociale pour l’Habitat un accord pour équiper les logements du parc HLM, et de consacrer une partie des fonds de la rénovation urbaine confiés à l’ANAH pour équiper les ménages modestes et coupler la rénovation des logements avec une efficace rénovation électrique. Dans le même ordre d’idée, une partie du fonds pour les travaux des copropriétés pourraient être allouée à ces travaux de rénovation électrique.

« Nous pouvons avancer sur la prévention. Je souhaite que la prévention des incendies en France soit une grande cause », a conclu Cécile Duflot.

Source : lemoniteur.fr du 2 avril 2013